07 mars 2012

03/03 Franz Josef Glacier

C'est le grand jour, on embarque dans le car direction Franz Josef! On y arrive assez rapidement, vers 12h30 on est dans les parages de cette petite ville de 300 habitants (oui c'est mini)
On est plusieurs à s'inscrire à l'activité phare du coin : le glacier hiking, c'est à dire un trek sur le glacier Franz Josef! Après un briefing sécurité, après avoir chaussé des chaussettes de guerre, des boots de combat (un peu grande pour moi donc le guide me jette une seconde paire de chaussettes de guerre en me disant "that's the kiwi half-size" ^^), après s'être emparé de crampons, nous embarquons dans un bus direction le parc national du Glacier Franz Josef!

Sur la route, dans le Wild West

Boots de combat, chaussettes de guerre... Suis prête! 

Sur place, une marche de 3/4 d'heure à travers la rain forest nous mène au pied de l'impressionnant glacier. Une énorme vallée de roches, surplombées de montages, et au bout dans une crevasse, le glacier. Une superbe création de la nature, sorte d'énorme vague bleue de plusieurs kilomètres (11 en l'occurrence) figée par le froid. Incroyablement impressionnant! 
Nous sommes partis en grand nombre, les guides proposent de nous séparer en 3 groupes, des bons marcheurs aux plus tranquilles. Intrépide que je suis, je vais dans le groupe des bons marcheurs, comme si j'étais sportive tiens (ce pays commence à m'en faire douter ^^)
Une fois au pied du glacier donc, le guide nous explique un peu de quoi il s'agit, ce qu'on fait là, ce qu'on voit. Il nous explique que nous sommes, je cite, précisément sur un des endroits les plus dangereux du monde. Nous sommes pile sur un endroit ou deux plaques tectoniques jouent au bras de fer en se demandant laquelle est la plus résistante. En résulte toutes les montagnes, cratères, crevasses et vallées qui nous entourent. La topographie change sans cesse, certaines montagnes gagnent en moyenne un mètre par an. L'aspect dangereux de l'endroit se résume en trois mots tremblement-de-terre. Les sismologues donnent une moyenne de 300 ans entre les tremblements de terre majeures sur l'île Sud. Le dernier ayant eu lieu début 1700, vous imaginez qu'ici, on commence à y songer sérieusement. Surtout depuis le grand tremblement de terre qu'à connu Christchurch l'année passée (Plus de 7 sur l'échelle de Richter). Celui attendu risque de dépasser la puissance de 8 de magnitude (c'est à dire 30 fois plus puissant que celui de Christchurch), ce qui est, à peu de chose près, suffisant pour détruire (ou en tout cas rendre inhabitable) la majorité de l'Île Sud. Un tel tremblement de terre tuerai une grande partie de la population, qui n'aurai pas d'autre choix que de quitter leur superbe pays, et se rendre en Australie, le plus proche endroit en sécurité. (L'Île Nord ne sera évidemment pas épargnée par cet apocalyptique séisme).

Neige en vue, youhouuu!

Je dois dire que ça nous a tous un peu cloué le bec, et fait réfléchir sur la chance qu'on avait de voir cette véritable merveille de la nature, bombe sur le point d'exploser, ce pays qui n'existera probablement plus d'ici une cinquantaine d'années, et qui d'ici une dizaine d'années sera probablement déjà méconnaissable. Ca donne des frissons d'y penser… 

Après cette impressionnante et passionnante mise en condition psychologique, nous sommes prêts à affronter la sauvage nature Kiwi, et nous attaquons l'ascension du glacier! C'est une difficile escalade rocheuse qui démarre, nous sommes en réalité déjà sur le glacier, mais il est couvert de roches et rochers effondrés des montagnes alentours, ce qui en fait un énorme tas de cailloux extrêmement raide. Je dois dire que c'était une vraie galère ^^ Mais j'étais rassurée de voir que je n'étais pas la seule à souffrir, même les gars n'avaient pas l'air de trouver ça facile… Seul le guide grimpait tranquillou, en mode chamois des montagnes. Quand nous sommes presque sur la glace, nous agrippons fermement nos crampons de bataille, et ça y est, nous sommes enfin sur la glace!

Ze Franz Josef Glacier

Marcher avec les crampons, c'est carrément génial! On a la sensation d'être arrimé au sol, ce qui donne une bonne confiance en soi (ce qui n'est pas de trop quand on se balade sur un glacier). On suit des mini sentiers creusés pour la plupart le jour même, à l'envie et au savoir des guides. Notre guide creuse des marches devant nous quand c'est trop raide, il accroche des cordes le long des parois glacées pour nous donner un peu d'assurance, et il nous explique pas mal de choses intéressantes sur les mouvements incessants du glacier. Nous passons dans des couloirs, des tunnels, des crevasses, passons sous des ponts de glace, grimpons des marches improvisées, et luttons contre le vent de plus en plus violent. Le temps est superbe, apparemment il pleut 2/3 du temps dans la région, mais nous sommes des petits veinards, et profitons d'un ciel bleu, ce qui amène des vents parfois violents. Ce qui décide notre guide à arrêter l'ascension après 3/4 d'heure de crapahutage sur le glacier, il est préférable de faire demi tour, à regret. 3/4 d'heure dans l'autre sens, et nous arrivons sur notre montagne de cailloux préférée, qu'il faut cette fois descendre. Sans crampons, on est tout de suite moins à l'aise, et descendre est au moins aussi fatiguant que monter. Encore 3/4 d'heure une fois que nous sommes arrivé au pied du glacier dans la vallée, et ça y est, nous sortons de cette magnifique carte postale, destination la ville. 
C'était une expérience formidable, incroyable, d'autant plus qu'on avait tous gardé en tête cette petite idée qu'un jour relativement proche, il ne sera plus possible de faire ce qu'on vient de faire…

Petit bonus de la journée : nous avons accès aux "hot pools", chose vachement répandue par ici. En gros, il s'agit de petites piscines extérieures chauffées. C'était plus que mérité, et vachement apprécié! Une bonne heure à passer de la 36° à la 38° puis à la 40° au coeur de la forêt pluvieuse, et il est l'heure de se coucher, la tête pleine de glaçon fondu :) 

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